Changements climatiques - Négociations difficiles autour de l'aide aux pays du SudLe secrétaire exécutif de la commission des nations Unies trouve décevants les objectifs de réduction des Ges.
«Nous assistons à des négociations de bonne foi et il y des avancées sur les questions techniques», a indiqué aux médias hier à Bangkok (Thaïlande), le responsable climat au World Wild found (Wwf), Kim Carstensen. Non loin de là, le secrétaire exécutif de la Convention cadre des Nations unies pour le changement climatique (Ccuncc), Yvo de Boer, a déploré la faiblesse des objectifs de réduction des émissions de gaz à effets de serre (Ges), par les pays industrialisés. Yvo de Boer a surtout fait part de sa déception par rapport à la question de l'aide aux pays en développement.
A sa suite, des Ongs dont le Rac-France, Wwf, Greenpeace et Oxfam ont donné de la voix: «Alors que l'Asie est touchée de plein fouet par de graves inondations, faisant plusieurs centaines de victimes et plusieurs milliers de déplacés, les négociateurs à Bangkok se refusent toujours à mettre la main à la poche pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique. « Sans argent, il n'y aura pas d'accord à Copenhague», redoutent ces organisations qui veulent pousser les pays riches à se déterminer. » Si la Commission européenne a estimé en septembre les besoins des pays en développement à 100 milliards d'euros par an d'ici à 2020, selon les Ongs, elle renverrait «la responsabilité de payer aux pays en développement eux-mêmes ainsi qu'au marché du carbone». Pour ces organisations non gouvernementales, la part du financement public européen se chiffrerait «entre seulement 2 à 15 milliards d'euros par an d'ici à 2020». Et pourtant, il «faut d'urgence mettre en place un véritable plan Marshall, doté d'au moins 110 milliards d'euros par an à la fois pour la réduction des émissions et l'adaptation des pays du Sud aux changements climatiques», estime Elise Buckle de Wwf France. Abstraction De son côté, Ban ki-Moon s'est dit inquiet de l'abstraction des dirigeants mondiaux ayant pourtant reconnu au sommet de New York «l'impératif scientifique de réduire les émissions de Ges d'au moins 50% sous les niveaux de 1990 d'ici à 2050». Raison pour laquelle, les Ongs s'étonnent de ce que «l'Europe comme les Etats-Unis et le Japon arrivent encore une fois les mains vides alors qu'il reste moins de 70 jours avant la conférence de Copenhague». Surtout que selon l'agence internationale de l'énergie (Aie), chaque année de retard dans la mise en place d'une politique énergétique permettant de contenir le réchauffement de la planète nécessitera 500 milliards de dollars d'investissements supplémentaires. L'Aie a présenté à Bangkok un scénario qui permettrait de limiter la concentration des gaz à effets de serre dans l'atmosphère à 450 parties par million (Ppm), ce qui permettrait, selon les scientifiques, d'éviter que la hausse de la température mondiale ne dépasse deux degrés. Ce scénario «est le chemin énergétique à suivre pour une croissance verte», a expliqué le directeur exécutif de l'Aie, Nobuo Tanaka mardi dernier au cours d'une conférence de presse en marge des négociations sur le climat sous l'égide de l'Onu. Des délégués de plus de 180 pays sont réunis depuis dix jours à Bangkok pour préparer la voie à un accord mondial en décembre à Copenhague et donner une suite au protocole de Kyoto, dont les premiers engagements arrivent à leur terme en fin 2012. La réunion qui s'achève vendredi, 09 octobre 2009 enregistre cependant des avancées croient savoir les négociateurs européens présents à Bangkok cités dans un communiqué de la présidence suédoise de l'Union européenne: «Les positions figées des gouvernements» commencent «à se dégeler». Dimanche 11 Octobre 2009
Le Quotidien Mutations (Yaoundé)
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