Les Golden Eaglets viennent de recevoir leur médaille d’argent. Ils déambulent maintenant sur la pelouse pratiquement vide du National Stadium. De grosses larmes roulent sur leurs joues et leurs yeux laissent transparaître une amère désillusion. Ce trophée, c’est comme s’il leur était destiné, comme s’il ne pouvait pas leur échapper. Quatre-vingt-dix minutes durant, leurs 60 000 supporters les ont poussés de la voix sur chaque ballon. Et pour asseoir un peu plus leur statut de favoris, les statistiques étaient là pour rappeler que leur pays n'avait pas perdu un match en Coupe du Monde U-17 de la FIFA depuis 2003.
Leurs visages dévastés à la fin du match sont là pour illustrer, si besoin était, à quel point le football peut parfois être cruel. "C’est difficile pour nous", reconnaît Stanley Okoro, les yeux humides, au micro de FIFA.com après avoir accepté une interview à reculons. "La chance nous a fuis et nos frappes ont manqué le cadre. Nous avons eu beaucoup d'occasions sur ce match, mais nous n'avons pas réussi à mettre la balle au fond."
La fin d'un cycle
À ses côtés, Sani Emmanuel, génial joker récompensé par le Ballon d'Or revenant au meilleur joueur de la compétition, semble abasourdi, lui qui n'a pas marqué pour la première fois de la compétition. Les Suisses ont attaqué de façon sporadique, mais ils ont su trouver la faille une fois. "Cette équipe va avoir du mal à aller de l’avant", ajoute Okoro, l’un des meilleurs joueurs de cette compétition. "Ce cycle a pris fin pour nous aujourd’hui. Qui sait ce que nous allons devenir ? Ça pourrait bien être le bout du chemin. C’est difficile à avaler."
Ramon Azeez est complètement désespéré. Il erre comme une âme en peine sur le terrain. Alors qu’il tape de rage dans une bouteille d'eau, son entraîneur John Obuh vient lui parler quelques instants. "Parfois, les buts ne veulent pas venir", sourit le sélectionneur, lui aussi plein de regrets. "Nous avons eu nos occasions, mais la balle ne voulait pas rentrer. La chance joue son rôle, mais quand on ne marque pas, on ne gagne pas. C’est aussi simple que cela."
Emmanuel et Abdul Ajagun, sont assis sur le banc de leur équipe dans un stade qui sonne creux alors qu'il bouillonnait il y a encore quelques minutes. Les deux joueurs ont eu plusieurs occasions de placer les tenants du titre sur la voie du succès. Mais l'expression de leurs visages raconte l'issue de leur aventure. "C’est trop difficile de décrire ce que nous ressentons maintenant", nous dit le courageux Okoro, qui retient ses larmes dans une grimace. "Nous pensions pouvoir gagner", termine-t-il alors que sa médaille d’argent brille sous les feux dorés des projecteurs. Comme une excuse.
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U-17: Le Nigeria s'y voyait déjà


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