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Wangari Muta Maathai : « L’Afrique sera menacée si nous ne protégeons pas nos forêts »

Quel est le rapport entre la paix pour laquelle vous avez eu un prix Nobel et la lutte pour la protection de l’environnement ?



Rédigé par Le Messager (Douala) le 03/12/2009
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Wangari Muta Maathai : « L’Afrique sera menacée si nous ne protégeons pas nos forêts »
Le message que nous essayons depuis de faire passer à travers le monde, c‘est que partout où nous sommes, nous devons lutter pour les ressources limitées que nous avons, que ces ressources soient l’eau, les terres, les minerais. Si nous gérons ces ressources de manière responsable et équitable, si elles sont réparties avec justice, nous présumons qu’une telle gestion est en étroite relation ave la paix.
Quand on parle de paix beaucoup font d’abord allusion à la guerre. Que viennent y faire l’environnement et la nature ?
Regardez un peu les régions où il y a les guerres, pour ce qui est de l’Afrique. Que ce soit au Darfour, en République démocratique du Congo, vous constatez qu’on lutte pour l’eau, les terres, les ressources minières. Si nous gérions ces ressources de manière responsable et équitables, si elles  étaient bien redistribuées, s’il n’y avait pas une poignée de personnes extrêmement riches et une large majorité extrêmement pauvre, nous ne seront pas engagés dans les conflits dans lesquels on est empêtré en ce moment. Si les richesses allaient à tout le monde, si la gestion était équitable, nous présumons, et j’insiste sur le mot, nous présumons donc  que s’il était possible à tous de jouir de la richesse et de l’harmonie de la nature, nous éviterons ces attitudes et comportements qui nous mènent à la guerre.
Pouvez-vous évaluer le travail fait jusqu’ici ?
Je suis satisfait personnellement. Quand j’ai commencé à militer pour l’environnement, très peu de personnes pouvaient apprécier l’influence de l’environnement sur nos vies et sur les habitudes qui nous poussent à aller en  guerre les uns contre les autres. Aujourd’hui, c‘est un sujet important à travers le monde. Donc il est sûr que nous avons suscité l’attention, et beaucoup savent aujourd’hui, surtout au niveau des  gouvernements, que nous ne pouvons vivre l’un avec l’autre sans prendre soin de l’environnement. L’une des raisons pour lesquelles nous sommes actuellement au Cameroun, c‘est que nous mesurons l’importance de protéger les forêts. Le bassin du Congo est le deuxième plus large massif forestier dans le monde. Et nous savons que si nous ne le protégeons pas, l’Afrique sera menacée, et le monde entier va en souffrir. Si nous ne les protégeons pas, non seulement les 10 pays qui regorgent ce massif, l’Afrique et le monde vont en pâtir, mais surtout le climat sera fortement modifié. Et quand nous iront à Copenhague, (le sommet sur le changement climatique s’ouvre dans cette ville le 9 décembre 2009, ndlr)  ces massifs seront pris en compte, de telle sorte qu’elles peuvent devenir une solution au changement climatique.
Quelles sont vos impressions après avoir visité le projet de Cam-Eco ?
Les projets que nous avons visités sont encore à leur début, et nous venons à peine de signer le protocole d’agrément. Donc je crois que nous auront à revenir pour voir comment il a été mené. Mais c‘est déjà très encourageant que dans les localités que nous avons visitées, le gouvernement se bat pour s’assurer que les forêts sont protégées. Je souhaite que le gouvernement camerounais, et les autres gouvernements de la sous-région, vont continuer à travailler ensemble comme ils ont promis pour protéger ces forêts. Je sais que nous devons continuer à nourrir nos populations, que nous devons améliorer les conditions de vie de nos populations, mais nous devons aussi nous rappeler que si nous nous battons pour protéger le bassin du Congo, nous le faisons aussi pour nos populations. Donc nous avons besoin de travailler ensemble, en particulier en ce moment où nous utilisons 200 000 000 de dollars, financés à par égale par les gouvernements britannique et norvégien. Et l’ancien Premier ministre canadien Paul Martin et moi-même avons été choisis par les deux gouvernements pour veiller là-dessus. Et nous sommes ici aujourd’hui pour nous assurer que cet argent est utilisé avec équité, justice et transparence, car c‘est seulement si nous utilisons bien et argent, qu’il sera possible par la suite de lever d’autres fonds pour continuer de protéger les forêts du bassin du Congo.
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